Chargement …
En renonçant à présenter une liste radicale de gauche dans aucune des 8 circonscriptions régionales, le Comité directeur du PRG n’a fait que constater que l’élection des Européennes, telle qu’elle est organisée en France, est probablement le plus inique des scrutins que l’on connaisse dans notre pays.
En effet, ce scrutin et basé sur des super régions qui dépassent largement le découpage régional existant. Par exemple, la circonscription du “Grand Est“ regroupe la Bourgogne, la Franche-Comté, l’Alsace et la Lorraine. Des régions dont les intérêts sociaux et économiques sont extrêmement différents.
Pour bénéficier de l’aide officielle de l’Etat, les listes présentes doivent être assurées de dépasser le seuil de 3 % des suffrages, non pas comptabilisés dans une région, mais sur l’ensemble du territoire. Autant dire que dans ces conditions les « petits partis » ne partent pas sur un pied d’égalité.
Une formation comme le PRG devrait ainsi engager financièrement l’équivalent d’une fois et demie son budget annuel, sans être assurée d’obtenir le remboursement réglementaire attendu. Autant dire qu’elle prendrait le risque de ne pas pouvoir participer, l’an prochain, aux Régionales et de devoir réduire largement le nombre de ses candidats aux Cantonales.
Et c’est probablement la raison qui a poussé le président BAYLET à prêcher la prudence lors du Comité directeur de La Rochelle. C’est aussi la raison pour laquelle des régions qui comptent un certain nombre de Conseillers régionaux et généraux sortants se sont montrées réticentes.
Jean-Michel BAYLET avait alors émis un principe : les “super” régions qui souhaiteraient constituer une liste pourraient le faire et pourraient compter sur le soutien du parti. Mais on ne pouvait pas, selon lui, obliger une région qui ne le souhaitait pas à se lancer dans la bataille. C’est ce dernier principe qui explique que notre formation sera une des grandes absentes du 7 juin prochain.
Et pourtant…
A La Rochelle, au Comité directeur, une majorité importante semblait bien se dégager parmi les fédérations départementales en faveur d’une participation des Radicaux de gauche. Les débats avaient été passionnés et le plus gros des troupes avaient déjà l’arme au pied.
Il faut dire que l’Atelier Europe, qui avait planché plus d’une année sur le programme, avait réalisé un travail remarquable. Ce dernier, très complet et parfaitement peaufiné, reflétait particulièrement bien l’esprit social, républicain et laïc qui caractérise le radicalisme. On peut dire, sans trop de prétention, que ce programme aurait fait du PRG le parti le plus en pointe au plan de la promotion de l’Europe. Hélas, les Radicaux de gauche devront se résoudre à assister en spectateurs à cette élection. La fédération PRG du Territoire de Belfort en éprouve, comme moi-même, j’en suis sûr, une grande frustration et une grande tristesse. Car un militant ne travaille pas durant des années pour rester sur la touche au moment d’un temps fort de la vie politique, surtout lorsqu’il dispose d’un argumentaire de qualité.
Le PRG du Territoire de Belfort compte bien ne pas rester silencieux au cours de la campagne, pas plus que nos responsables nationaux qui sauront faire entendre leur différence à l’occasion des débats où il leur sera donné de participer.
.