Strauss-Kahn, ce n’est vraiment pas ma tasse de thé. Et si j’avais été militant socialiste, ce n’est certainement pas vers lui qu’aurait été mon choix.
Mais à la lumière de la tournure que prend l’affaire, je ne peux m’empêcher de ressentir une certaine empathie à son égard.
Le 14 mai, j’avais été sidéré – comme une majorité de Français : comment un homme intelligent, au sommet de sa carrière politique, avait-il pu sombrer au gré d’une pulsion… insensée ?
C’est un malade m’avait-on rétorqué !
Peut-être… mais à l’orée d’une destinée que beaucoup s’accordaient à prédire brillante, comment avait-il pu se conduire de la sorte ? De deux choses l’une : ou l’homme était victime d’une sombre machination ou les Français l’avaient échappé belle !
Puis nous avons assisté au lynchage médiatique. Des images avilissantes, des commentaires haineux, parfois racistes et pour la plupart indignes, dans la mesure où, pour leurs auteurs, l’affaire était entendue et l’homme était coupable avant d’avoir été condamné.
La presse en a fait ses choux gras. On faisait allusion à des antécédents flous, mais qui bientôt allaient être révélés. On allait jusqu’à accuser les amis et les collègues que DSK d’être coupables d’avoir couvert ses agissements.
Les journaux états-uniens, comme à leur habitude, tombaient à bras raccourcis sur le frenchy, l’affublant des qualificatifs les plus orduriers. Et l’ensemble des medias se complaisaient à diffuser des images abyssales de ce “puissant” devenu le plus abject des criminels.
Puis après le lynchage, le lâchage : ses propres amis commençaient pour certains à donner l’impression de pouvoir admettre que leur ancien leader était peut-être irrémédiablement perdu pour leur cause. Et de se partager l’héritage …
Pour ma part, je me suis d’emblée posé la fameuse question : et si l’homme était innocent et qu’il doive succomber à une procédure judiciaire que nous, Français, avons du mal à comprendre, « à qui profiterait le crime ? ». J’imaginais trois réponses possibles.
La politique qu’il menait à la tête du FMI pouvait lui avoir attiré les foudres de certains lobbies.
Sa candidature plus que probable à l’élection présidentielle et les sondages d’opinion dont elle faisait l’objet pouvait très bien avoir semé la panique dans la majorité en place.
Enfin, sa neutralisation pouvait faire l’affaire d’un(e) éventuel(le) concurrent(e) parmi ses propres amis politiques.
Un fait est indubitable : pour la première fois dans l’histoire de notre pays, l’élection aura été dévoyée par un événement extérieur qui n’a rien de politique… en apparence.
Il est souhaitable que les investigations aillent à leur terme et nous ne sommes peut-être pas à l’abri de révélations étonnantes. Et la démocratie n’en sortira pas grandie.




